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GESTION D’UNE FUITE D’EFFLUENTS RADIOACTIFS

Bonnes pratiques de gestion d'une fuite d'effluents radioactifs

 

Les effluents radioactifs des services de médecine nucléaire sont entreposés dans des cuves-tampons de décroissance avant élimination. Ces cuves sont, en général, situées en dehors des services au sein de locaux techniques. Mais les conduites d'acheminement entre les points d'évacuation et les cuves peuvent, elles, traverser toutes sortes de locaux. Une fuite sur ces canalisations peut donc avoir un impact sur le public, les travailleurs ou l'environnement.
Cette présentation est le fruit du retour d'expérience d'incidents de ce type gérés par nos services en 2007-2008. La gestion d'une fuite d'effluents radioactifs nécessite trois phases : une phase réflexe de mise en sécurité au moment de la détection de la fuite, une phase de réflexion et de préparation de l'intervention et l'intervention de réparation elle-même. Sans oublier la traçabilité exigée par la réglementation.

Mise en sécurité
Dès détection d'une fuite sur une canalisation radioactive, il convient rapidement de sécuriser le périmètre aux alentours en interdisant l'accès aux personnes non habilitées. Si la fuite a entraîné une contamination du sol, il convient de prendre certaines dispositions pour limiter la dissémination et empêcher physiquement l'accès à la tâche de contamination.

Il convient ensuite d'identifier (grâce à la cartographie des canalisations) l'origine des effluents et interdire l'utilisation de la canalisation et des points d'évacuation rattachés à cette canalisation. Le rôle de la Personne Compétente en Radioprotection (PCR) est primordial pour, en particulier, cartographier l'ambiance dans le local et dans les locaux environnants (relever les débits de dose), délimiter le zonage autour de la fuite en prenant en compte l'exposition interne et externe et mettre en place les consignes d'accès à ces zones.

Si du personnel est susceptible d'avoir séjourné dans le local pendant la fuite, ou même d'avoir été contaminé il est nécessaire d'avertir rapidement le médecin du travail afin qu'il reconstitue la dose susceptible d'avoir été intégrée. En effet, en terme de risque d'exposition interne à des radionucléides à vie courte, il importe de faire réaliser les examens (mesures d'anthroporadiométrie, analyse radiotoxicologique...) le plus rapidement possible après l'incident, afin de déterminer avec le plus de précision possible le niveau d'exposition.

Préparation de l'intervention
Une fois le risque lié à la fuite circonscrit, se pose le problème de l'intervention nécessaire à la réparation de la canalisation. Outre l'organisation stricte de l'intervention par elle-même qui fera l'objet du chapitre suivant, il est nécessaire de définir quelle sera cette intervention, à savoir : quand, comment et qui la réalisera ? Pour cela, il est nécessaire de se poser un certain nombre de questions qui permettront d'orienter la décision : urgence de la réparation (notamment liée à la prise en charge des patients), enjeu de radioprotection, difficulté de l'intervention, autres contraintes...

Intervention
Il convient de faire une demande d'intervention à la PCR, qui devra formaliser le déroulement de l'opération (nécessaire pour permettre l'évaluation de l'exposition et l'information des travailleurs), les objectifs de doses, collective et individuelles, et la formation et l'information des travailleurs réalisant l'opération, en particulier sur les mesures en cas de problème.

Un exemple de fiche d'intervention a été conçu pour permettre de répondre aux exigences réglementaires, notamment en terme de traçabilité.

Dans le cas où l'intervention serait réalisée par du personnel non exposé, il est nécessaire de formaliser que l'évaluation de l'exposition est bien conforme à la catégorie du personnel.

Si une entreprise extérieure participe à l'intervention, le plan de prévention devra, entre autre, reprendre ces dispositions pour le personnel extérieur.

Pour l'intervention, il est nécessaire de définir les tenues permettant la protection contre la contamination et si nécessaire contre l'irradiation. Enfin, la dosimétrie opérationnelle doit être utilisée pour mesurer la dose reçue au cours de l'opération.

Un retour d'expérience est nécessaire en fin d'intervention par la PCR. La réglementation impose l'analyse de la mesure de la dose intégrée par les agents.

Il conviendra de justifier les écarts entre le prévisionnel et le réel (par exemple, le temps d'intervention plus court, le débit de dose plus faible, etc...) et d'en tenir compte si l'opération devait être renouvelée dans le futur.

REX des interventions suite aux incidents
Le point essentiel qui ressort de la gestion d'un incident est qu'à titre préventif, il est nécessaire de repérer et de signaler toutes les conduites qui véhiculent des effluents radioactifs. Les plans des installations doivent reprendre cette cartographie des canalisations radioactives. La surveillance régulière de l'état des canalisations permet d'éviter d'avoir à intervenir à la suite de fuites importantes. Néanmoins, il convient également de prévoir une procédure et des outils pratiques d'intervention en cas d'événement de ce type (fiche réflexe de mise en sécurité, protocole d'intervention sur les canalisations, ...).

Pr Artus – P. Delard, CRLC Val d'Aurelle – Paul Lamarque, Montpellier
Pr Aurengo – S. Payen, AP-HP La Pitié Salpétrière, Paris
C. Guerville – H. Lamotte, ASN Division de Marseille

@ Allsecurite

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